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Lectures 14 à 17

Lectures 14 à 17

Me voici, enfin, avec un article concernant mes lectures 14 à 17. Malgré des histoires intéressantes, quelques longueurs dans certains des romans que je vous présente aujourd’hui ont fait que j’ai mis un temps fou à les terminer. Ça, et le fait que je comptais offrir l’un de ces titres à une amie et que je ne voulais rien diffuser sur le sujet avant que ce soit fait.

Maintenant que le secret est levé, place aux critiques 🙂

Tokyo Senpo, Florent Chavouet

Je suis tombée totalement par hasard sur ce livre d’images, plus qu’une vraie BD, à la médiathèque. Il m’a suffit de feuilleter quelques pages pour être séduite par les beaux dessins de Florent. Ils sont magnifiques, minutieux et fourmillent de détails. Le texte est agréable à lire (en dépit de quelques caractères vraiment petits, dommage), parsemé de notes d’humour.

Ce superbe recueil est davantage un carnet d’instantanés, de choses qui caractérisent le Japon, plutôt qu’un réel guide de voyage. Impossible de le feuilleter sans nostalgie pour ceux qui ont déjà voyagé dans ce pays si caractéristique.

Une jolie découverte, qui renforce mon amour pour les bibliothèques/médiathèques, sans qui je n’aurais jamais lu ce livre.

 

La Chute des Géants (Le Siècle 1), Ken Follett

Après avoir lu avec enthousiasme les Piliers de la Terre, j’avais parcouru la bibliographie de Ken Follet et Le Siècle, cette saga en trois tomes, me faisait de l’œil. Alors quand je suis tombée sur le premier tome à la médiathèque, je n’ai pas hésité longtemps avant de l’emprunter.

Le Siècle se déroule sur l’ensemble du XXème siècle, de la 1ère Guerre Mondiale à la fin de la Guerre Froide. La Chute des Géants est un premier tome de quasiment 1000 pages, qui débute juste avant la déclaration de la 1ère Guerre Mondiale et se termine dans l’entre-deux guerres. On y suit différentes familles, de conditions sociales et de nationalités différentes : des mineurs gallois aux ouvriers russes, de l’aristocratie londonienne aux diplomates allemands ou américains. Comme dans chaque livre de Ken Follet, j’apprécie que chaque personnage ait ses caractéristiques propres et soit très bien défini, ce qui m’évite de les confondre. Mais il y a un index au début du roman, si nécessaire.

Encore une fois, ce roman narre le destin de femmes fortes, dans une période qui ne leur facilitait pas la vie. Certains passages sont sans doute un peu utopiques, mais c’est un plaisir d’y croire et de penser que certaines d’entre elles, à la même époque, ont pu choisir leur vie.
J’ai également trouvé que contrairement aux Piliers de la Terre, personne n’est tout noir ou tout blanc. Certains personnages, et notamment des hommes, sont détestables mais l’auteur a su leur donner une part d’humanité et de bons côtés qui nous empêchent de les haïr totalement.

Au final, j’ai adoré cette lecture et j’ai très envie de lire la suite. Mais pourtant, j’ai bien failli ne jamais arriver au bout car l’auteur ne cesse d’entretenir péniblement le mystère sur la suite des événements alors qu’en tant que lecteur du XXIème siècle, on sait très bien que si, la guerre sera déclarée, et non, elle ne s’arrêtera pas en trois mois. Cette tentative de se mettre à la place des personnages à l’époque, en plein doute, est très intéressante mais passer 200 pages sur ces tergiversations a failli me perdre.

Mon autre reproche concerne les innombrables et soporifiques descriptions de plan de bataille. Ken Follett n’hésite pas à rentrer dans le détail, donner des noms de villes et villages, et nous expliquer que les allemands vont se séparer alors que les français vont attaquer sur le flanc ouest et… quel intérêt ? C’était beaucoup trop abstrait pour moi, et ça se faisait au détriment de pages qui auraient pu être utilisées pour raconter les péripéties d’Ethel, Lev et Gus.

Malgré ces défauts, je suis impatiente de pouvoir commencer le deuxième tome, L’Hiver du Monde, et retrouver les personnages que j’ai apprécié ou aimer détester durant ce premier volume.

 

L’Amie Prodigieuse, Enfance, Adolescence, Elena Ferrante

L'Amie Prodigieuse, Elena Ferrante

Vous n’avez sans doute pas pu passer à côté de ce blockbuster des librairies, décrivant la jeunesse et l’adolescence autobiographique de l’auteur dans un quartier pauvre de Naples, dans les années 1950. C’est dans ce contexte difficile qu’Elena et Lila vont devenir amies, se rapprocher mais aussi se confronter, jusqu’à tenter de s’émanciper de leur condition sociale.

J’ai quelque peu précipité ma lecture de cet ouvrage car s’il était aussi intéressant que je le pressentais, je souhaitais l’offrir à une amie pour son anniversaire. Une amie que je connais depuis trente ans et avec qui nous avons vécu au moins autant de choses ensemble, que Lila et Elena, tout en rêvant également d’ailleurs.
Finalement, L’Amie Prodigieuse, malgré quelques lenteurs, a cette capacité extraordinaire de mettre en mots ce que nous avons vécu, et ce de manière extrêmement subtile. Par petites touches, je me suis retrouvée bien plus souvent que je ne m’y attendais, tantôt dans le personnage d’Elena, tantôt dans celui de Lila.

L’histoire de l’Italie ou les rapports avec la mafia ne sont pas aussi présents que ce que j’espérais, mais tissent une fine toile autour des aventures des deux protagonistes. Tandis que l’une se voit offrir la chance de faire des études, sans comprendre l’immense opportunité que ça représente, l’autre est contrainte de travailler dans la cordonnerie de son père, tout en rêvant de fonder son entreprise. Mais il est difficile, sinon impossible à l’époque, de faire quoi que ce soit sans être rattrapée par l’oppression masculine. Pères, frères, cousins ou voisins, difficile de tenir tête à une telle puissance sans devoir faire quelques concessions.

J’ai mis beaucoup de temps à rentrer dans l’histoire, qui souffre d’un manque d’enjeux et d’envergure au départ, mais j’ai fini ce roman totalement happée. Et je ne pense pas attendre très longtemps avant d’entamer la suite.

 

Nosfera2, Joe Hill

Nosfera2, Joe Hill

Vic a un pouvoir drôlement pratique, puisqu’en enfourchant son vélo, elle peut traverser un pont qui l’amène à retrouver des objets perdus. Charlie Manx a lui aussi un pouvoir très intéressant, puisqu’il a la capacité de faire vivre Noël éternellement pour les enfants qu’il « sauve » et emmène à Christmasland. Mais rien n’est gratuit, et le prix du séjour est à la mesure des promesses de Manx…jusqu’à ce qu’il croise Vic.

Après Cornes, qui m’avait quelque peu laissé sur ma faim, Nosfera2 met la barre bien haut. Hormis quelques rares longueurs au cours de ses 750 pages, j’ai trouvé le récit totalement prenant. Joe Hill a su décrire des personnages terriblement humains, imparfaits mais attachants. Si on retrouve la patte de Stephen King dans ce roman, notamment avec l’omniprésence du fantastique dès le départ, on s’en éloigne rapidement pour plonger dans les méandres de la psychologie, comme seul son fils sait le faire. C’est d’ailleurs ironique, vu que le livre explore surtout les thèmes de la parentalité et de la filiation.

J’ai également beaucoup aimé comment Joe Hill ancre son récit dans son époque, notre époque. Les personnages parlent de po-culture, utilisent des iPhones et se servent des dernières technologies si c’est nécessaire.
Et enfin, sans spoiler, cette fois la fin du roman n’est pas dans un délire psycho-fantastique comme ça avait été le cas pour Cornes. J’ai d’ailleurs trouvé la conclusion quasiment parfaite, et je crois bien que c’est la première fois chez cet auteur. On verra ce qu’il en sera avec son opus suivant, que j’attends de pied ferme en poche : L’homme-feu

 

Je vous avoue très franchement que je ne sais pas de quoi sera fait mon avenir littéraire. J’ai presque atteint l’objectif que je m’étais fixé, à savoir réduire ma pile à lire. J’hésite encore entre continuer de diminuer ma PAL, ou dévaliser la médiathèque, notamment dans le cadre du nouveau Club de Lecture d’Evelyne : le Big Books Club. On a jusqu’au 15 octobre pour trouver un roman qui rentre dans le thème de l’automne. Des idées ?

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