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Lectures 7 à 9 : voyages entre l’Angleterre, Barcelone et New-York

Lectures 7 à 9 : voyages entre l’Angleterre, Barcelone et New-York

Je lis toujours un peu moins que d’habitude, prise par différentes activités personnels et Forza Horizon 3. Mais je m’attelle à vider ma PAL (Pile à Lire), petit à petit. En avril, j »ai quand même dérogé à ce principe pour participer au Club de Lecture de Victoria, et comme vous allez le voir, j’ai bien fait.

C’est parti pour la review lectures.

Un Étranger dans le Miroir, Anne Perry

Anne Perry est LA spécialiste du roman policier se déroulant à l’époque victorienne. C’est d’abord à travers sa série « Charlotte Ellison et Thomas Pitt » que je l’ai découverte. Mais après avoir lu avec plaisir quelques uns de ces romans, j’ai trouvé que les scénarios étaient un peu trop ressemblants (ouh, un meurtre chez les riches, bouh, on aime pas les policiers, madame enquête à la place de son mari et hop, on attrape le coupable) et je me suis lassée.

Du coup, j’ai mis de côté pendant très longtemps ce premier tome de la série « William Monk ». Comme j’ai décidé cette année de vider (ou à défaut d’épurer) ma PAL, j’ai enfin lu « Un Etranger dans le Miroir ».
Cette série commence de manière étonnante car le personnage principal se réveille à l’hôpital, dans le Londres des années 1850, et souffre d’une amnésie totale. On va donc découvrir à ses côtés qui il est, comment il est et ce sur quoi il travaille.
J’ai beaucoup aimé cette façon de débuter le roman, et par la même occasion, la série. A travers les événements traversés par Monk, on découvre les différentes facettes du quotidien de l’époque : les hôpitaux évités au maximum, en raison des infections nosocomiales, les bonnes manières de la haute société, les carrières et « petits boulots » de l’époque, comme balayeur du crottin des chevaux tirant les calèches, les guerres en cours (qui se souvient de la guerre de Crimée ?!)…
Mais on assiste également aux réflexions de Monk sur sa personnalité et la façon dont les autres le voient. Il se découvre être ambitieux, froid, cassant même, et peu préoccupé par sa famille. Ce qu’il apprend ne lui plait guère, et m’a fait m’interroger sur ce que je découvrirais à mon sujet, venant des autres, si jamais je me réveillais amnésique demain. Que diraient-ils de moi ? Qu’apprendrais-je de leurs façons de s’adresser à moi ?
L’enquête est également intéressante et les révélations sur le meurtre d’un jeune gentleman surprennent, à défaut d’être totalement inattendues. Au final, le coupable n’est pas celui auquel je pensais, même si je n’étais pas loin. Mais le mobile était tout autre que ce qu’on nous suggère initialement, et j’aime cette façon de brouiller les pistes.
Bref, sans être un incontournable, Un Etranger dans le Miroir était une lecture plaisante et divertissante. Probablement pas assez pour que j’achète la suite, mais je l’emprunterais peut-être à la médiathèque.

 

L’Ombre du Vent, Carlos Ruiz Zafon

L'Ombre Du Vent, Carlos Ruiz Zafón

Ça faisait longtemps que je n’avais pas participé au Club de Lecture de Victoria, soit parce que les titres ne m’intéressaient absolument pas, n’étaient pas disponibles à la médiathèque ou tout simplement parce que j’avais d’autres priorités de lecture. Déterminée à vider ma PAL, cette dernière raison a failli me convaincre de ne pas participer au Club de Lecture d’avril. Mais ayant entendu beaucoup d’éloges sur le titre du mois, je me suis ravisée et j’ai entamé « L’Ombre du Vent », de Carlos Ruiz Zafón avec engouement. Et, spoiler : j’ai bien fait.

Difficile de résumer ce livre sans en dire trop, et c’est sans doute pourquoi la 4ème de couverture est si peu attrayante. Parce que c’est un roman avec plusieurs histoires imbriquées en une, traversant de part et d’autres l’Histoire, celle de la guerre civile espagnole et de la Seconde Guerre Mondiale. C’est dans ce contexte troublé que Daniel Sempere, fils d’un libraire et dont la mère est décédée, va découvrir un livre passionnant qui va changer sa vie. Intrigué, il part sur les traces de son auteur, sans savoir que c’est le début d’un périple tumultueux et non sans dangers.

« L’Ombre du Vent » est multiple. Il s’agit à la fois d’une ode aux livres et aux histoires qu’ils contiennent et qui nous transportent. C’est un roman qui interroge sur quelle frontière tracer entre sa passion, dévorante et chronophage, et ses proches, jamais éternels. C’est aussi une histoire d’amour, ou plutôt des histoires d’amour. Qu’est-ce qu’aimer, et peut-on se contenter de mariages « affectifs » sans réel amour ? Ou faut-il faire fi des conventions pour aller jusqu’au bout de ses convictions ?

Vous l’aurez compris, j’ai été subjuguée par « L’Ombre du Vent », surtout grâce au style d’écriture de l’auteur. Il arrive rarement (voire jamais…) que je suspende ma lecture pour relire quelques phrases qui m’ont plu, et je ne suis pas du genre à surligner ou conserver des citations qui m’ont touchées, mais dans ce roman, c’est arrivé. Le personnage de Fermin Romero de Torres n’est pas avare en bons mots, et comment rester insensible devant une tirade telle que celle-ci :

« La méchanceté suppose une détermination morale, une intention et une certaine réflexion. L’imbécile, ou la brute, ne s’attarde pas à réfléchir ou à raisonner. il agit par instinct, comme un boeuf de labour, convaincu qu’il fait le bien, qu’il a toujours raison, et fier d’emmerder, sauf votre respect, tout ce qu’il voit différer de lui, que ce soit par la couleur, la croyance, la langue, la nationalité ou, la manière de se distraire. »

Les personnages sont touchants, attachants, farfelus parfois, mais profondément humains, pour le meilleur et pour le pire, jusqu’au dénouement final. J’avoue que je n’ai pas été entièrement surprise, ayant deviné la plupart des retournements de situation, mais qu’importe. Ce n’est pas la destination qui compte, mais le voyage. Et ce fût un très beau voyage.

 

Sexe, Diamants et Plus si Affinités, Lauren Weisberger

Sexe, Diamants et plus si Affinités, Lauren Weisberger

Oui, j’ai fait un grand écart total entre le livre précédent et ce roman de chick-litt écrit par l’auteure derrière le fameux « Diable s’habille en Prada ». Je me souviens avoir déjà tenté de lire ce roman sans parvenir à aller plus loin que la troisième page tant que je trouvais ça niais et inintéressant. Mais étonnamment, après un roman aussi puissant que L’Ombre du Vent, c’est exactement la légèreté qu’il me fallait (et puis ça vide ma PAL !)

On suit trois copines très différentes, l’une tout juste plaquée par son petit ami et en mal d’enfants, une bimbo brésilienne qui collectionne les aventures d’un soir et une jeune éditrice à qui la vie sourit sur tous les tableaux mais qui n’est pas le moins amoureuse de son mec. Au cours d’une soirée arrosée, elles décident de tout faire pour donner une nouvelle impulsion à leurs vies. La bimbo doit se trouver un fiancé, la célibataire se taper un mec par continent et la nana à la vie parfaite passe des mois à se torturer en se demandant ce qui ne va pas dans son couple.

Le scénario est ultra-prévisible et la fin est un happy-end dégoulinant de niaiserie et de bons sentiments, comme vous pouvez vous en douter. Mais hey, c’est exactement ce que je cherchais et sans être un chef d’œuvre, ce bouquin fait le boulot

 

Après cette lecture en mode « cerveau débranché », je reprends les bonnes habitudes et je vais probablement fureter du côté des King. Père ou fils, c’est la question. On en reparlera probablement bientôt 😉

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